14. [RSE] Interview de Laura Esperandieu, Responsable RSE du CIVB

Juin 2, 2022 | Au MICRO de Bacchus

Pour ce nouveau podcast d’Au Micro de Bacchus, je suis ravie de recevoir Laura Esperandieu, Responsable RSE au CIVB. 
 
Laura Esperandieu nous parle de son parcours, et nous explique ce qu’est la RSE et son importance au sein de l’interprofession des vins de Bordeaux.
 
Quels sont les enjeux, comment on applique concrètement la RSE dans un vignoble ? Retrouvez tout ça dans cette interview. 
 
Enfin, nous terminons par la fameuse rubrique perso ! 👍🏻
Retrouvez nous tous les 1ers jeudis du mois pour une nouvelle interview d’une personnalité du monde du vin ! 🍇
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Interview de Diala Younes

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☀️ Bonne journée à tous ☀️

                                               

Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode au MICRO de Bacchus où je pars à la rencontre de personnalités du monde vitivinicole

Aujourd’hui Laura Esperandieu  va nous parler de la RSE et de son travail au sein du CIVB. J’espère vous allez apprendre plein de choses.
Alors déjà Laura dans un premier temps quel est ton travail ?

Alors je suis responsable RSE : Responsabilité Sociétale des Entreprises pour le CIVB, l’interprofession des vins de Bordeaux.

Est ce que tu peux nous définir ce que c’est que la RSE avant de rentrer dans toutes les explications qui vont suivre ?

Alors en fait j’ai deux définitions pour la rse. Donc c’est la responsabilité sociétale des entreprises c’est comment une entreprise s’engage volontairement dans l’application des principes du développement durable à son d’activité. Ca c’est la définition qu’on trouve dans les dictionnaires et moi ce que je dis beaucoup aux entreprises avec qui je travaille c’est comment on gère le risque les opportunités et comment surtout on fait des choix éclairés.

Très bien et alors quel a été ton parcours, ton histoire pour en arriver ici ?

Alors j’ai une formation d’ingénieurs agro donc très orienté scientifique technique et je me suis spécialisée en responsabilité sociétale des entreprises, en développement durable pour ma dernière année. J’ai ensuite travaillé un petit peu dans une entreprise qui fait du conseil autour de la RSE pour apprendre et me perfectionner et ensuite la vie a fait que j’ai déménagé à bordeaux et j’ai travaillé quelques années pour Cdiscount .

Ah oui rien à voir.

Complètement en dehors de ma formation et des démarches agricole donc pour cdiscount pour mettre en place leurs démarches de rse en interne et il y a un peu plus de trois ans maintenant.

Il y a un fil conducteur quand même avec cdiscount.

Non non il ya un fil rouge de développement durable et de la rse qui est en fait la thématique qui m’anime donc que ce soit dans le e-commerce ou ou l’agriculture.

D’accord et du coup depuis combien de temps tu es au CIVB?

Je suis arrivé au CIVB il y a plus de 3 ans, en mars 2019.

Donc 1 année hors Covid puis après une année à s’adapter.

Très bien alors du coup revenons à ton métier donc responsable RSE au sein du CIVB, est ce que tu peux nous décrire une journée type. Où tu étais ce matin par exemple ?

Alors une journée type ça va être compliqué parce qu’en fait y en a pas c’est le principe des postes en rse on est sur différentes thématiques de front. Ce matin j’étais à une formation dans un château dans le médoc avec des entreprises qui s’engagent dans la démarche, après hier j’étais chez un négociant et puis avant-hier avec la préfecture de Gironde.

D’accord alors par exemple quand tu passes un négociant, lui aussi il s’implique dans la démarche RSE donc tu y vas en tant que conseil ?

Voilà en fait le CIVB, l’interpro des vins de Bordeaux a pour mission de faire la promotion des vins de bordeaux et des acteurs qui fabrique ce vin donc on représente les viticulteurs, les négociants, les caves coopératives et le service technique pour lequel je travaille a pour objectif en fait d’accompagner les entreprises dans l’amélioration de leurs pratiques notamment leurs pratiques environnementales sociales et sociétales.

Donc là ma mission c’est d’accompagner les entreprises de la filière dans la prise de conscience de tous ces enjeux là et puis ensuite de les outiller pour qu’elle puisse justement améliorer leurs pratiques.

Et là quand tu dis de les outiller, tu les outilles en conseil, en tips, en quoi ?

Alors on a engagé en fait il ya trois ans toute la filière dans une démarche de responsabilité sociétale donc on fournit en fait tout l’accompagnement pour les entreprises on a un réseau d’animateurs qui vont être là pour les conseiller et les accompagner, un réseau d’auditeurs qui est là pour contrôler et puis le CIVB qui créent des outils, des plaquettes, des modèles voilà des formations pour que les entreprises se saisissent de tout ça .

Quand tu parles d’audit, est-ce que les entreprises que tu conseilles sont déjà des entreprises à mission ?

Dans le milieu du vin en fait des entreprises à missions, on en a encore très peu dans la filière par contre ce qu’on voit c’est des gens qui se posent des questions depuis longtemps. L’agriculture en fait, l’objectif de l’agriculture c’est de tester, d’expérimenter, d’essayer, ça depuis toujours. De toute façon quand on travaille avec la nature, on n’a pas le choix parce que c’est elle qui décide donc il faut trouver des solutions. On a beaucoup d’entreprises de la filière qui ont déjà des choses en place c’est juste qu’on n’a pas mis le chapeau à RSE dessus.

Quels sont les labels ? Est-ce qu’il existe des labels qui nous permettent nous consommateurs de savoir quelle propriété, quel négoce, quelle entreprise est déjà engagée dans la démarche ?

Sur la partie environnementale il y a une multitude de labels on les connaît aussi, il y en a partout : HVE, Terra vitis, agriculture biologique, énormément.
Sur la partie RSE en fait à une trame de fond qui va être commune à toutes les démarches qui s’appelle l’iso 26000, je vous épargne le côté trop technique mais c’est un peu c’est le guide qu’il faut suivre pour s’engager dans une démarche rse.
Et après il y à des organismes comme le CIVB qui ont fait le choix de créer leur propre label, le notre est donc Bordeaux cultivont demain, qui repose sur un référentiel métiers propre à la filière des vins de bordeaux.

Et ce label, il y a quelque chose écrit sur les étiquettes ?

On travaille justement pour que les propriétés et les négoces puisse écrire sur les étiquettes à partir d’un certain niveau de maturité parce que l’idée c’est quand même d’être rigoureux et engagé mais oui l’objectif c’est de communiquer dessus tout à fait.

Quand on s’engage dans des démarches environnementales, est ce qu’il faut avoir des compétences particulières ? Tu as parlé de curiosité puisque on s’adapte continuellement à ce qui nous entoure. Quelles sont les autres compétences ?

Je vous l’expliquais, j’ai pas de formation en RSE, j’ai appris au fur et à mesure et je pense qu’effectivement c’est plutôt du savoir-être, de la curiosité, des capacités d’adaptation parce que passer d’un gros négoce à une petite propriété viticole c’est pas les mêmes enjeux. Peut-être aussi beaucoup d’empathie parce que l’idée c’est de se mettre à la place de la personne pour lui proposer des solutions de la vraie vie.

Depuis combien de temps la RSE est elle mise en place au sein du CIVB ? Est ce que ta branche prend une grosse partie du CIVB ? Est-ce que les gens se sentent concernés ? Comment ça se passe en ce moment ?

Alors le CIVB travaille depuis longtemps sur des enjeux environnementaux, très orienté autour de la filière parce que nous notre métier en fait c’est d’être au service de la filière donc la conscience environnementale.

Il existe depuis longtemps se tournant vers la RSE ?

Il a été initié fin 2018 début 2019 pour moi, j’ai été embauchée exprès pour ça.

D’accord voilà donc tu es à l’origine de la RSE.

La cheville ouvrière. Et du coup le label bordeaux culture demain il repose aussi sur l’engagement du CIVB.

C’est toi qui l’a créé du coup ce label ?

Tout à fait, on l’a crée de toute pièce et il repose en fait sur l’engagement des entreprises de la filière mais aussi l’engagement du CIVB en tant qu’entreprise mêmes donc il ya aussi cet enjeu d’aller mobiliser, sensibiliser en interne mes collègues à ces thématiques là pour que nous aussi on améliore nos pratiques.

Oui et du coup l’accueil est plutôt bon ?

L’accueil est super bon, c’est une petite équipe on est une quarantaine / 50 au CIVB avec des populations qui sont intéressés par cette thématique là de toute façon aujourd’hui c’est dans l’air du temps ça fait partie de nos quotidiens, les enjeux sur le changement climatique son réel. Voilà la thématique de tous les jours. Donc l’accueil est super positif et l’idée c’est de voir comment tous ensemble justement on peut aussi travailler à l’échelle du CIVB sur ces enjeux là.

Quelle est l’évolution depuis 3 ans que tu es là ? Au début tu as démarré avec combien de propriété et maintenant tu en es à combien ? Quel est l’avenir, les objectifs que tu te fixes ?

Alors on a des objectifs ambitieux puisque au niveau de la filière on aimerait avoir 100% de nos surfaces certifiées par une démarche environnementale d’ici 2030 , 2030 c’est demain. Aujourd’hui on a 75 % certifiés voilà pas mal.
Concernant la démarche Bordeaux Cultivons Demain et donc la démarche RSE on a commencé en fait avec un petit groupe pilote, on était 28 dont 13 sont allés jusqu’à la labellisation en 2021.
Aujourd’hui on a entre 40 et 50 entreprises qui se lancent pour cette année avec pour objectif d’avoir 30 % de nos volumes commercialisés en Bordeaux labellisé d’ici 2030.

D’accord donc n’hésitez pas si vous êtes vigneron à aller voir laura pour passer le cap elle vous conseillera sur la marche à suivre.

Parlons du Covid, est ce que le Covid a eu un impact sur sur ton travail, sur ton accompagnement au sein des propriétés viticoles?

En fait j’ai jamais autant travaillé que pendant le Covid. En fait quand tout ferme et que le commerce ne se fait plus, les entreprises viti, les négociants ont du temps pour faire autre chose donc il ya eu énormément de réflexion sur ces enjeux justement de développement durable donc beaucoup de de questionnements, beaucoup d’intérêt pour la démarche portée par le CIVB. Et puis je pense qu’aussi ça a amené la population à revoir un peu son rapport au travail et à la société et à se poser peut-être de nouvelles questions et donc à avoir de nouvelles attentes sur ces enjeux sociaux et sociétaux que les entreprises aujourd’hui n’ont plus le choix de suivre.

Donc si vous ne suivez pas encore Laura sur les réseaux, il faut y aller parce qu’elle n’arrête pas en ce moment on la voit tout le temps poster une nouvelle.

Et donc récemment vous avez gagné, l’équipe a gagné un prix particulier. Est ce que tu peux nous en dire plus ?

Alors effectivement donc une partie du job en fait c’est aussi de faire la promotion de ce qui est mis en place au sein de la filière et des bonnes pratiques qui se développent. Dans le cadre des Trophées Bordeaux Vignoble Engagés dont la cérémonie se déroulait mardi soir, alors c’est pas le festival de cannes mais s’est fait pas mal non plus. Le collectif en fait des premières entreprises labellisées a monté un dossier et ont été récompensés par le jury avec un prix coup de coeur en tête pour la démarche collective.

Et du coup quel est le nom du concours ?

Donc c’était les trophées bordeaux vignoble engagé qui sont organisées tous les ans depuis quatre ans. C’est pour ça qu’en fait, c’est pas mon trophée et c’est très bien c’est le trophée des entreprises qui qui se sont engagés dans la démarche.

Maintenant on va passer à la rubrique Perso. Alors si tu étais un livre, quel livre serais tu ?

Alors j’ai une passion toute particulière pour les l’Iliade et l’Odyssée d’Homère, je trouve que c’est un voyage fantastique qu’a fait Ulysse.

D’accord alors si tu étais une musique, quelle musique serais-tu ?

Une musique que j’aime beaucoup, une chanson qui s’appelle Walk on the wild side qui a été écrite et chantée par Lou Reed. Alors c’est pas des plus récents, mon petit côté vieux jeu peut-être là dessus, mais c’est une chanson qui voilà qui est et qui parle de faire un pas à côté de la route qui est tout tracée. Je trouve que c’est aussi ça les démarches de développement durable, c’est oser sortir des chemins battus.

Ok merci beaucoup Laura de tout cet échange et j’espère vous en savez un peu plus sur la RSE au niveau du milieu viticole.

Merci beaucoup.

Avec plaisir, à bientôt !

Voici les anciennes interviews:

13. [INSTAGRAM] Interview de Marlène Delolmo, Instagrammeuse autour du vin

12. Interview d’Étienne CHARRIER, Directeur Technique du Château Prieuré-Lichine

11. [Vente en ligne] Interview de Jean-Benoit AUZELY, Fondateur du site de ventes privées de vin 20h33

10. [Oenotourisme] Interview de Philippe MASSOL, Directeur de la Cité du Vin

9. [Caviste] Interview de Pierre Antoine BORIE, propriétaire de la Cave BRIAU

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